Selon le site education.gouv.fr, la mission principale de l’école maternelle est de donner envie aux enfants d’aller à l’école pour apprendre, affirmer et épanouir leur personnalité.

Histoire de l’école maternelle en France

L’école maternelle publique française est créée entre 1881 (décret du 2 août 1881) et 1887 (décret du 18 janvier 1887). Elle vient remplacer la salle d’asile.

La salle d’asile

Fondée en 1826, la salle d’asile était un établissement d’assistance pour les enfants des classes populaires. L’objectif de ces structures était double :

  • Offrir hospitalité, soins et éducation religieuses aux enfants et ainsi libérer les femmes de la contrainte de garder leurs enfants
  • Désengorger les écoles primaires non seulement surpeuplées où l’enseignement est hors de portée des tout petits et améliorer l’instruction des petits face aux garderies traditionnelles

L’éducation de ces salles d’asile est axée sur l’âme et le corps avec des journées rythmées par la prière, le petit catéchisme, le récit national, les marches, la gymnastique ou encore le chant outre les notions d’initiation à la lecture, l’écriture, l’histoire naturelle ou le calcul mental.

  • Ces salles d’asile sont ouvertes aux enfants qui ne travaillent pas car il est bon de rappeler que le travail des enfants de moins de 8 ans est interdit en 1841

L’école maternelle

La création de l’école maternelle publique française est la volonté de réformateurs républicains, tels que Jules Ferry et Ferdinand Buisson, qui souhaitent mieux intégrer la maternelle au système scolaire avec des finalités plus éducatives.

Les salles d’asile avaient une finalité plutôt sociale pour les tout-petits :

  • Donner des bases d’ordre, travail et hygiène à ces futurs ouvriers
  • En faire de bons chrétiens
  • Réduire la misère des classes populaires en libérant les mères

Dans les années 1880, l’école maternelle a désormais des objectifs éducatifs et d’éveil de l’enfant avec :

  • Un apprentissage de la lecture et de l’écriture
  • L’étude des 4 opérations
  • Les récits d’Histoire nationale
  • Le développement physique
  • L’éveil des sens
  • La participation de l’enfant à son éducation
  • Le jeu

On retrouve d’ailleurs cette ambition dans le remplacement des gradins des salles d’asile (qui permettaient d’accueillir beaucoup d’enfant à moindre coût) par des tables scolaires à deux places qui permettent un travail pédagogique plus centré sur l’enfant.

  • A noter que les tables sont fixées au sol jusqu’à l’instruction du 15 janvier 1927

Les influences

Les nouvelles théories pédagogiques de l’école maternelle sont portées par plusieurs influences.

  • Celle de Marie Pape-Carpantier (1815 – 1878) : pédagogue et féministe, elle propose de changer la salle d’asile en école maternelle dès 1845 avec pour objectif de répondre aux curiosités de l’enfant et d’attirer son attention sur le monde. Elle est considérée comme la pionnière en France de l’enseignement pré-élémentaire.
  • Celle de Pauline Kergomard (1838 – 1925) : d’abord déléguée générale de l’inspection des sales d’asile grâce à l’appui de Ferdinand Buisson, elle dénonce ces établissements comme étant des « asiles garderies ». En 1881, Jules Ferry, ministre de l’instruction publique et des Beaux-Arts, la nomme inspectrice générale des écoles maternelles, poste qu’elle occupera jusqu’en 1917. Elle place alors la liberté de l’enfant au cœur du processus d’apprentissage instituant le jeu comme premier travail de l’enfant. Elle a comme précepte : « l’enfant est à l’école maternelle pour développer ses facultés, non pour apprendre ».
  • Celle de Maria Montessori (1870 – 1952) : docteur en médecine, psychiatre, pédagogue, anthropologue, militante socialiste et féministe de nationalité italienne, elle met l’usage des jeux et exercices sensoriels au centre du développement de l’enfant et de son éducation. Pour elle, les jeux sont plus individuels que collectifs et doivent permettre à l’institutrice d’observer l’enfant. Maria Montessori conçoit une science de l’éducation pour la petite enfance avec la méthode pédagogique qui porte son nom, la « Pédagogie Montessori ». Elle a comme précepte : « l’enfant n’est pas un vase que l’on remplit, mais une source que l’on laisse jaillir ».
  • Celle du Docteur Ovide Decroly (1871 – 1932) : pédagogue, médecin et psychologue Belges, il participe au mouvement de l’éducation nouvelle. Selon Sylvain Wagnon, professeur d’Histoire à l’Université de Montpellier, l’éducation nouvelle est « une critique radicale du système éducatif et des modes d’enseignement traditionnel. C’est le choix d’une pédagogie active qui place l’enfant au centre et non un enseignement fondé sur l’imitation et la passivité ». Pour Ovide Decroly, l’éducation doit se faire à partir des intérêts de l’enfant avec des méthodes actives d’apprentissage qui permettent à l’enfant d’être l’acteur principal de ses acquis. Il a comme précepte que « l’individu entre en contact avec le monde par une activité globale, d’abord confuse, puis progressivement organisée et structurée ».
  • Celle de Célestin Freinet (1896 – 1966) : sa pédagogie repose sur l’expression libre des enfants. En effet, l’école traditionnelle de son époque est centrée sur des programmes prédéfinis alors que Célestin Freinet prône une école centrée sur l’enfant et il place les élèves comme acteurs de leurs apprentissages. Son précepte est le suivant : « C’est en marchant que l’enfant apprend à marcher ; c’est en parlant qu’il apprend à parler ; c’est en dessinant qu’il apprend à dessiner. Nous ne croyons pas qu’il soit exagéré de penser qu’un processus si général et si universel doive être exactement valable pour tous les enseignements, les scolaires y compris ».

L’école maternelle après la 2e Guerre Mondiale

Pendant la première moitié du XXe siècle, le cadre matériel et le manque de formation des professeurs freinent la mise en place des théories pédagogiques innovantes vues ci-dessus.

Mais, au lendemain de la 2e Guerre Mondiale, le ralliement des classes moyennes et supérieures à la préscolarisation marque l’essor de l’école maternelle avec des effectifs en forte hausse, ceux-ci passant de 800 000 élèves de maternelle en 1958 à 1 860 000 en 1978.

Ainsi, 50% des enfants âgés de 2 à 5 ans sont scolarisés en 1964 et ils sont 78% en 1980. Enfin, au cours des années 1990, la quasi-totalité des enfants de 3 à 5 vont à la maternelle.

L’école maternelle française en 2018

Lors des assises de l’école maternelle de mars 2018, le ministre de l’Education Nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé vouloir repenser la maternelle afin d’en faire une « école du langage et de l’épanouissement ».

Visuel des 3 spécificités
Source : https://www.snuipp.fr/metier/ecole/la-maternelle

Afin de permettre l’égalité des chances et l’égalité sociale aux enfants, la priorité des politiques publiques pour les premières années de la scolarité des tout-petits est de privilégier deux dimensions :

  • La dimension affective
  • La dimensions de « leur préparation aux apprentissages fondamentaux »

Jean-Michel Blanquer a donc fixé l’enjeu de faire en sorte que « l’école maternelle permette à tous les élèves de s’épanouir et de maîtriser la langue », le ministre de l’Education Nationale estimant que l’école maternelle doit construire les capacités et les compétences de base pour apprendre à lire, écrire, compter, apprendre à vivre et respecter les autres.

En France, en 2018, l’école maternelle a accueilli 2 522 282 élèves répartis ainsi :

  • 92 885 de moins de 3 ans
  • 788 070 de 3 ans
  • 809 062 de 4 ans
  • 832 265 de 5 ans et plus

Pour encadrer ces 2,5 millions d’enfants de maternelle, il y avait près de 85 700 professeurs des écoles et 52 000 Atsem en poste dans les écoles maternelles.

Ces 2,5 millions de petits de pré-élémentaire français fréquentent 14 131 écoles et sont répartis dans 93 134 classes de maternelle, soit une moyenne de 25,3 élèves par classe.

  • Le pré-élémentaire en Europe :

Les assises de mars 2018 ont également instauré l’âge de l’instruction obligatoire à partir de 3 ans, cela dès la rentrée 2019.

A titre de comparaison, quand est-il du début de la scolarisation obligatoire pour les petits européens.

Source : https://www.education.gouv.fr/assises-de-l-ecole-maternelle-l-instruction-obligatoire-des-3-ans-9692

Comment fonctionne une école maternelle en France ?

L’école maternelle est un service gratuit qui accueille les enfants de 3 ans (âge de début de l’instruction obligatoire) à 6 ans.

Elle est le plus souvent organisée en petite, moyenne et grande section, en fonction de l’âge des enfants. Les locaux des écoles appartiennent aux communes qui ont la charge de leur entretien.

L’école maternelle fait partie de l’école primaire qui contient donc :

  • L’école maternelle (pour les enfants de 3 à 6 ans)
  • L’école élémentaire (pour les enfants de 6 à 11 ans)

L’école maternelle est dirigée par un directeur ou une directrice qui exerce les responsabilités administratives, pédagogiques et représente l’institution auprès de la commune et des parents d’élèves.

Pour la première rentrée d’un enfant, l’inscription en maternelle doit être faite au plus tard en juin avant la rentrée scolaire de septembre. En général, une rencontre entre le ou les parents et le directeur ou la directrice de l’établissement doit avoir lieu. Ce dernier validera alors l’admission de l’enfant sur présentation du certificat d’inscription délivrée par la mairie.

Une école fonctionne donc avec une équipe éducative (voir la section « qui travaille à l’école maternelle »), un conseil des maîtres, un conseil de cycle et un conseil d’école.

  • Le conseil des maîtres : composé du directeur et des enseignants affectés à l’école, il se réunit une fois par trimestre et son rôle est de donner son avis sur tous les problèmes concernant la vie de l‘école.
  • Le conseil de cycle : il permet de faire le point sur la progression des élèves mais également d’élaborer, mettre en œuvre et évaluer le projet pédagogique de cycle.
  • Le conseil d’école : présidé par le directeur d’école, il est composé de l’ensemble des enseignants affectés à l’école, du maire (ou du conseiller municipal chargé des affaires scolaires), des représentants élus des parents d’élèves et du délégué départementale de l’Education nationale (DDEN). Ce conseil se réunit une fois par trimestre et son rôle est de voter le règlement intérieur de l’école, établir l’organisation du temps scolaire et adopter le projet de l’école.

Les sections de l’école maternelle

Qu’est-ce que le cycle 1 ?

L’école maternelle est un cycle unique d’enseignement appelé le cycle 1. Lors de ce cycle, les apprentissages premiers sont enseignés aux enfants, comme celui de la langue, essentiel à la future réussite scolaire.

L’enseignement scolaire à l’école maternelle se compose d’ailleurs de 5 domaines d’apprentissage principaux que sont :

  • Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions
  • Agir, s’exprimer, comprendre à travers l’activité physique
  • Agir, s’exprimer, comprendre à travers les activités artistiques
  • Construire les premiers outils pour structurer sa pensée
  • Explorer le monde
Visuel des 5 domaines
Source : https://www.snuipp.fr/metier/ecole/la-maternelle

Les objectifs y sont de favoriser l’éveil de la personnalité des enfants, de stimuler leur développement (moteur, social, sensoriel), de développer leur estime de soi et leur épanouissement affectif.

La maternelle est la 1ère étape dans le parcours de l’école primaire, à la fin de laquelle les enfants doivent maîtriser les acquis fondamentaux que sont : lire, écrire, compter et respecter autrui.

Quel âge pour la maternelle ? De 3 ans à 6 ans

Quelle est la durée hebdomadaire de la scolarité en école maternelle ? La durée hebdomadaire des enseignements à la maternelle est de 24 heures. A noter que l’année scolaire compte 36 semaines de cours.

Est-ce que l’école est obligatoire à 3 ans ? Oui, depuis la rentrée 2019.

Qui travaille dans une école maternelle ?

L’encadrement d’une école maternelle est composé d’une équipe éducative dont nous pouvons :

  • Le directeur d’école : il est responsable de la gestion de l’école maternelle comme nous l’avons vu plus haut (responsabilités administratives, pédagogiques et représente l’institution auprès de la commune et des parents d’élèves). Il est également souvent chargé d’une classe
  • Les professeurs des écoles : polyvalents, ils enseignent toutes les matières et sont habilités à enseigner dans toutes les classes de primaires
  • Les Atsem (Agents Territoriaux Spécialisés) : en maternelle, ils assistent les professeurs pour l’accueil et l’hygiène des petits. Ils peuvent participer à la mise en œuvre des activités pédagogiques pendant le temps scolaire, en étant sous la responsabilité des enseignants. Les Atsem encadrent également le temps périscolaire tel que la cantine, la garderie, le goûter, la sieste, les ateliers périscolaires ou encore les accueils de loisirs.

Le périscolaire

L’accueil périscolaire est le temps d’accueil ou d’activités des tout-petits durant les heures qui précèdent et suivent la classe (le matin, le midi et le soir).

Le taux d’encadrement minimum prévu pour les activités périscolaires depuis un décret d’août 2013 est de 1 animateur pour 14 mineurs de moins de 6 ans.

Bibliographie :

  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Maria_Montessori
  • https://www.montessori-france.asso.fr/ dont https://www.montessori-france.asso.fr/page/167406-maria-montessori-et-sa-vision-de-l-enfant
  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Pauline_Kergomard
  • https://www.retronews.fr/education/long-format/2018/08/06/pauline-kergomard-ou-linvention-de-lecole-maternelle
  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Ovide_Decroly
  • http://www.decroly.fr/ecole-decroly/histoire/interview-de-sylvain-wagnon/
  • https://www.icem-pedagogie-freinet.org/book/export/html/29202
  • https://ligue-enseignement.be/ovide-decroly-homme-passionne-par-lenfance-et-la-pedagogie/
  • https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9lestin_Freinet
  • https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9dagogie_Freinet
  • https://www.classe-de-demain.fr/accueil/education/comprendre-la-pedagogie-freinet-en-10-points-cles
  • https://www.education.gouv.fr/assises-de-l-ecole-maternelle-l-instruction-obligatoire-des-3-ans-9692
  • https://www.education.gouv.fr/assises-de-l-ecole-maternelle-l-instruction-obligatoire-des-3-ans-9692
  • https://lea.fr/metier-denseignant/actualites/bilan-des-assises-de-la-maternelle
  • https://www.education.gouv.fr/l-ecole-maternelle-11534
  • https://eduscol.education.fr/610/presentation-de-l-ecole-maternelle
  • https://mallettedesparents.education.gouv.fr/parents/ID129/presentation-de-l-ecole-maternelle
  • https://www.familles-de-france.org/fr/domaine-dexpertises/education/periscolaire-reglementation
  • https://www.se-unsa67.net/wp-content/uploads/2016/05/1fonct_ecole_SE-Unsa.pdf
  • https://www.snuipp.fr/metier/ecole/la-maternelle